LUMIÈRE DU PAYSAGE…

« Tout ici, aujourd’hui comme il y a bien des siècles, chante l’illumination, la joyeuse, l’aveuglante illumination. La lumière y acquiert une qualité de transcendance : ce n’est pas seulement la lumière méditerranéenne; c’est quelque chose de plus, d’insondable, de sacré. Ici la lumière pénètre droit jusqu’à l’âme, ouvre portes et fenêtres du coeur, dénude l’homme, l’expose, l’isole dans une félicité métaphysique où tout s’éclaire sans qu’il soit besoin de la connaissance. L’analyse s’arrête net dans cette lumière. »

Henry Miller, Le Colosse de Marousssi, 1958.

DELPHES EXPRESS

Comment visiter un musée en 15 minutes et en s’amusant ? En résolvant des énigmes bien sûr ! Saluer les jumeaux, photographier la Sphynge, trouver l’aurige, le chaudron et le trépied, etc. Il y a plus sérieux comme démarche, cela met un peu le waï, mais que de beaux souvenirs !

UN CHEMIN…

Aux Météores, tout se présente comme un chemin jalonné de stations. La plaine d’abord, puis, vers Kalambaka, d’immenses échines de sable concrété se découpant sur le ciel. Il y a les nuances de vert et il y a la roche, l’un ou l’autre, et bientôt se profilent les monastères, les sentinelles de la foi. C’était le refuge des anachorètes. Ils sont représentés sur les fresques des églises. Mais pour y parvenir, encore des étapes. La route tortueuse, le parking colonisé par les marchands du Temple, le pont-levis, les escaliers, le guichet, et enfin les lieux de la prière. Une première salle de nos pas perdus – le narthex -, une autre où se déploie la bande dessinée du Jugement Dernier, une autre encore pour la Passion, enfin la dernière salle, exiguë, non accessible, si ce n’est aux moines qui s’y recueillent une fois disparus les touristes bruyants et béotiens.

La Foi serait donc un chemin.

Au retour de Delphes, nous nous arrêterons aussi au monastère d’Ossios Loukas. Le vent s’est levé, le ciel s’est chargé de nuages, le noir et blanc des photos dramatise l’atmosphère… Une petite enquête auprès de nos voyageurs, sur le parking de l’aéroport de Nice, semble indiquer que ces lieux à la fois hors du temps et présents au monde auront été leur « top one ». C’est aussi le mien.

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GÉOGRAPHIE PAR LES PIEDS

Un des grands mérites de ce voyage a été de découvrir la Grèce dans son épaisseur historique tout en faisant, selon la fameuse formule de DGAB, de la géographie par les pieds. On a tendance assez systématiquement à projeter sur ce pays européen les images de nos livres de lecture, celle d’une Grèce de l’Antiquité, notre berceau. D’Athènes à Thessaloniki en passant évidemment par Delphes, les vestiges de l’Antique sont en effet partout. Mais nos élèves ont pu arpenter une Grèce plus variée, riche d’une histoire complexe marquée par le religieux et le politique et pays d’aujourd’hui, ébranlé par une crise économique durable malgré ici ou là quelques signes de reprise. Un pays francophile aussi. Le regret, pour ce genre de voyage, est toujours le même : ne pas avoir le temps de rencontrer véritablement les gens. Mais notre visite au lycée franco-hellénique, par exemple, a été l’occasion d’échanges sympathiques avec quelques jeunes de la ville. Amusant d’ailleurs de les recroiser quelques jours plus tard sur Monastiraki… Nous étions comme en pays de connaissance !

QUI SOURIT ?

 

On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. Voilà peut-être pourquoi nos jeunes bastidiens sourient dans l’air grec, ravis d’être tout à la fois ensemble et loin, embarqués dans ce voyage scolaire où ils ne pérégrinent ni « resserrés » ni « couverts  » (petite allusion à Montaigne pour ceux qui l’auraient oublié).

Pourtant, ce que nous ont laissé les architectes et les sculpteurs antiques ne prête guère à sourire. Colonnes hiératiques, marbres froids, gueules cassées, visages graves de la conscience de nos faiblesses et de notre finitude (nous nous trompons, nous souffrons, nous vieillissons, nous mourons).

Alors au détour d’une salle de musée, nous voici comme soulagés de croiser le sourire d’un kouros. Il nous surplombe de plusieurs mètres, se dresse dans son éternelle complétude, trop beau pour être vrai mais pour nous, mortels, presque amusant de perfection !

A D

KAIROS

Le ciel brille et les oliviers lui répondent par vagues, à l’infini de leur écume argent.
Nous sommes à  Delphes, et l’harmonie du monde s’offre à nous avec la douceur d’un principe d’Euclide.
La Pythie avait-elle prédit qu’Hippolyte et Théramène rendraient visite à Apollon pour présenter aux Marseillais un  tel trésor ?
En contre bas du temple, Racine se prépare à monter sur scène.
Trois colonnes et cinquante élèves au cœur du Parnasse feront notre théâtre.

Maître Deloffre et maître Baboulaz font quelques pas, arrêtent le temps d’un regard grave, enfile un costume d’Alexandrins, tirent le rideau, et nous offrent Phèdre au cœur d’une Grèce en train de devenir nôtre. Le moment semble si juste.
Goûterions-nous au kairos ?

Ni la chaleur qui nous coule dans le dos, ni les improbables touristes sans âme qui se plantent au milieu des tirades ne sauraient altérer la saveur de ce qui se joue.
Le grand Hippolyte n’a pu résister à la puissance de l’amour. Il succombe aux tourments de la passion que la sagesse hellénique n’a eu de cesse de prévenir. Théramène s’efforce de le rassurer, mais ni Socrate, ni Aristote, ni nos élèves, ni Epictète, ni Aphrodite, ni même la responsable de la sécurité du site ne s’y trompe: l’amour est délicieux, mais tellement dangereux. Les professeurs ont disparu derrière leurs personnages et  fondu dans le chant des oiseaux , un questionnement antique se fait entendre: Faut-il oser aimer?

Le rideau tombe sous un tonnerre d’applaudissements. Dionysos sourit derrière un olivier,  les grillons reprennent leur place , le soleil s’incline. Nous quittons ce lieu mythique, le regard éclairé par le bonheur d’avoir repris conscience, ensemble, de notre humanité .

CHARLOTTE CREACH

DELPHES DERNIÈRE

La Pythie

Nous voici de retour à Athènes après une visite inspirée et inspirante de Delphes. Un dernier texte de Lisa pour rendre compte de cette journée. Merci d’avoir suivi notre fil d’Ariane, tenu depuis le début en dépit des difficultés de connection. Une fois arrivés à Marseille, ce blog continuera de vivre avec, notamment, des quantités de très belles photographies, portraits ou paysages, et d’autres textes, en particulier de M. Baboulaz et de Mme Creach. Ce sera pour lundi ou mardi, le temps de ranger la valise et de retrouver quelques habitudes. Pour l’heure, bonne lecture du témoignage de Lisa.

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LISA

Ce matin, après un petit déjeuner à l’hôtel, nous sommes partis à pied pour une balade le long de la route jusqu’au site archéologique de Delphes. Ce site était reconnu par tous les états indépendants de la Grèce. Nous avons observé les anciennes fondations du chemin que prenaient les grecs pour consulter l’oracle et lui poser des questions auxquelles il répondait après avoir reçu une offrande. Il y avait des restes de splendides colonnes romaines, et le « nombril du monde ». Des célébrations religieuses, mais aussi des compétitions sportives donnaient vie au site de Delphes vers le Ve siècle avant J.C.
Nous sommes ensuite descendus plus bas pour admirer le trésor de Marseille, offrande de la cité phocéenne. Nos professeurs Monsieur Deloffre et Monsieur Baboulaz ont alors joué la première scène de la tragédie Phèdre devant les yeux admiratifs des élèves et photographiés par Prune.
Au musée de Delphes, nous avons observé les trouvailles des grecs, comme des statues ou de longues fresques de pierre. Nous avons réalisé par petits groupes des photos demandées par les professeurs.

 

BUS STOP !

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CHIARA, MATHILDE, MARGOT

Aujourd’hui nous avons dû endurer de longues heures de car pour continuer notre périple en direction de Delphes. Nous avons donc dû trouver des occupations. Après une petite sieste digestive et une pause sur l’autoroute, M. Gabriel nous a réveillés en musique, accompagné de sa guitare et de sa douce voix. Cette petite pause musicale a créé une bonne ambiance dans le car, nous faisant oublier les pénibles heures restantes.

ANTOINE WEISS

Nous sommes partis visiter Thessalonique ce matin vers 8h 30, nous avons marché jusqu’à l’arc de Galère, où l’empereur Galère est représenté. Il y avait différentes fresques avec plusieurs épaisseurs. Ces fresques représentent une bataille dans l’Antiquité notamment avec les soldats romains et leurs jupes. Située à 150m, la Rotonde du XVème siècle est une ancienne église, nous l’avons admirer de l’extérieur.
Ensuite on est rentrés dans une église datant du XVème siècle prise par les ottomans puis les chrétiens effaçant ainsi toutes les traces ottomanes hormis la signature de l’empereur ottoman.
Nous sommes passés devant une mosquée du XVème siècle puis nous sommes rentrés dans un bazar, regroupant des magasins datant lui aussi du XVème siècle. Puis nous sommes revenus au car pour prendre la route de Vergina.

JUDITH

LES TOMBES ROYALES DE VERGINA

Après avoir déjeuné, nous avons visité le site de Vergina, le tombeau de Philippe II de Macédoine (père d’Alexandre le Grand) et Alexandre IV (fils d’Alexandre le Grand).
Une fois arrivés sur le site, nous avons découvert une entrée dans un tumulus puis pénétré dans l’enceinte du musée.
Avant tout, qu’est ce qu’un tumulus ?
Il s’agit d’un grand amas artificiel de terre ou de pierres que l’on élevait au-dessus d’une sépulture, parfois surmonté d’un monument ou d’un trophée.
Le musée a été construit autour des tombes du père et du fils d’Alexandre le Grand.
Ce musée plongé dans la pénombre révèle de sublimes objets, bijoux, coffres en or, couronnes et argenterie provenant des deux tombes et finalement exposés.

ET À VOIR AUSSI, LE ROMAN FEUILLETON SUR GRÈCE ROMAN FEUILLETON